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> Presse : "Le Monde de l'Assurance"

Article rédigé par Benoît Bertholet paru dans "Le Monde de l'Assurance"

> L'Assureur traditionnel doit "préparer" la vente via internet (n° 533 - du 22 mai 2001-
pages 30 à 31)

Malgré les attentes bien réelles des internautes vis-à-vis de l'assurance on-line, les assureurs traditionnels délaissent ce nouveau média. Aussi les directs writers belges n'hésitent-ils pas à prendre les meilleures places sur le Net. Des options stratégiques existent pourtant pour les compagines traditionnelles. Elles doivent plus particulièrement utiliser internet en vue de "préparer" leurs ventes.

La Belgique compte 2.836.000 internautes (source: Nielsen, septembre 2000). Il s'agit de personnes bénéficiant de revenus sont élevés, résidant en milieu urbain et titulaires d'un diplôme d'études supérieures. A n'en pas douter un groupe-cible convoité. Ces personnes ont réglé un ticket d'entrée moyen de l'ordre de 50.000 francs pour l'achat d'un ordinateur avec modem, montant auquel s'ajoutent les communications téléphoniques supplémentaires liées au surf sur la toile.

C
ette nouvelle façon d'entrer en contact avec cette cible de choix a été rapidement adoptée par les assureurs directs: elle cadrait tout naturellement avec leur stratégie axée sur la vente directe. Internet est, pour ces assureurs, un prolongement logique et naturel qui s'avère d'ailleurs être rentable - pour une partie d'entre eux du moins - tant en termes de coût d'acquisition de nouveaux assurés, qu'en termes d'économies réalisées sur les frais de gestion. Ceux-ci ont déjà noué des partenariats stratégiques Internet, comme Eccent avec www.automagazine.be, la Smap avec www.proxis.be, Assurweb avec www.advalvas.be.

Les premiers résultats sont très encourageants et le succès rencontré par les assureurs directs pionniers dans le domaine comme www.smap.be, www.actel.be est réel, comme l'attestent les volumes d'offres réalisés et le taux de conversion final qui oscille aujourd'hui entre 1 et 9% selon le produit d'assurance et sa compétitivité dans le marché.

Les assureurs traditionnels "empêchés" par les courtiers
U
ne récente étude a confirmé l'existence d'attentes bien définies vis-à-vis de l'assurance en ligne: les internautes se renseignent, comparent les offres, souhaitent souscrire en ligne et gérer leurs assurances depuis le Net. C'est en tout cas ce que déclarent 35% des personnes interrogés au cours d'une enquête réalisée pour Digital Age Design (DAD, www.dad.be) en collaboration avec le département de recherche en Psychologie de l'ULB en septembre 2000 auprès d'un échantillon de 5.441 Belges. Or, que constate-t-on? Une absence des grandes compagnies d'assurances sur Internet malgré un potentiel commercial énorme qui ne cesse de s'accroître chaque année.

C'est principalement dans le domaine de l'assurfinance que le potentiel est considérable: il suffit de se baser sur le profil des internautes qui ont les plus haut revenus et de voir le succès rencontré par les sites d'achat d'actions en ligne. Dans ce domaine, les banquiers n'hésitent pas à occuper le terrain et proposent toute la gamme de leurs produits en ligne. Pourtant, une trentaine d'assureurs proposent des centaines de fonds et ces produits sont parfois même plus performants que ceux des grands banquiers. Une compagnie comme Zelia qui a été un pionnier en branche 23 et dont certains fonds ont atteint des sommets (Zelia equity) devrait au moins présenter ses produits sur le Net avec un graphique des cours mis à jour en ligne des fonds et renvoyer les intéressés vers son réseau de courtiers habilité à vendre ce type de produits. Il en va de même pour Fortis AG qui propose un produit simple de type compte à haut rendement avec un taux garanti très compétitif (Top Deposit). Quand on sait que ce marché croît à un rythme de 150% par an, on est en droit de se poser des questions.

Les assureurs traditionnels quant à eux sont, sur le plan stratégique, mariés à leurs intermédiaires d'assurance: ils ne peuvent pas se permettre d'avoir un double discours qui dirait, d'une part, notre canal de distribution est le courtage en assurance et, d'autre part, nous vendons nos produits en direct sur Internet.

Intégrer Internet a pourtant tout son sens
Les assureurs traditionnels pourraient cependant donner au minimum toutes les informations produits sur leur site, les solutions aux différents besoins d'assurance et d'épargne pour ainsi préparer la vente de leurs produits, laquelle sera réalisée dans le réseau des intermédiaires d'assurance. Voire mettre à la disposition des assurés des outils de déclaration d'impôts comme les AP l'ont fait avec grand succès afin de proposer des assurances Vie déductibles fiscalement.

Dans d'autres branches de l'assurance, donner un suivi du traitement des dossiers sinistre serait un service à haute valeur ajoutée très bien perçu. De même que quelques conseils de sécurité, les précautions à prendre pour éviter certains accidents, des exemples de tarifs, la liste est sans fin.

Entre-temps, certaines compagnies ont timidement fait des premiers essais en prospection comme www.ohra.be qui a lancé une action presse qui renvoyait vers le site Internet: l'action s'est soldée par de nombreuses souscriptions en branche 23 réalisées dans leur réseau bancaire Bankunie et via le courtage.

Importateurs automobiles
Le secteur automobile est lui aussi dominé par un système de distribution basé sur la vente en concession avec même des exclusivités par marque. Internet représentait également un avantage stratégique à accaparer pour les importateurs qui se sont aperçus que les internautes utilisent le Net avant de passer à l'achat sur les sites des grandes marques mais aussi sur les sites comme www.automagazine.be. Ceux-ci ne pouvaient pas passer à la vente en ligne qui d'ailleurs dans ce cas n'aurait pas rencontré de succès auprès du public belge (voir l'étude DAD).

Par contre, le site Web pouvait préparer la vente: tarifs et prix de toutes les options, photos, articles et, cerise sur le gâteau, car-configurator. Gadget inutile? Absolument pas. Il s'agit en réalité d'une petite révolution dans la commercialisation de l'automobile: la famille Dupont ne perd plus sont temps le samedi à passer de concession en concession, mais écume le Net pour feuilleter les catalogues des constructeurs et choisir devant l'écran, après s'être disputé sur la couleur et les options, la voiture qui lui convient. Tout cela se fait sans pression aucune du vendeur, le jour et à l'heure qui leur convient le mieux, depuis le domicile. Une fois le choix effectué, la famille Dupont se rend dans la concession pour passer commande du véhicule après l'avoir essayé et négocié des conditions intéressantes avec le vendeur. Ceci n'est pas de la science-fiction mais déjà une réalité: la quasi-totalité des importateurs dispose déjà de son car-configurator sur la toile et ce pour les raisons commerciales évoquées plus haut.

Conclusion
I
nternet est aussi un canal de distribution: ne pas l'occuper, c'est céder la place aux banquiers et aux assureurs directs. Cette tendance est en marche, elle ne va pas révolutionner l'assurance dans les mois qui suivent mais bien dans les années qui viennent. N'oubliez pas non plus les adolescents d'aujourd'hui, vos clients de demain, qui auront été éduqués avec Internet à l'école. Ceux-là encore plus que tous les autres iront tout naturellement et spontanément sur le Web chercher des infos sur des produits d'assurance. Mais qu'y trouveront-ils?

Benoît Bertholet

L'auteur de cet article est e-consultant pour le secteur de l'assurance (www.bertholetconsulting.com)


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