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Interview de Benoît Bertholet par Sébastien Ponciau - Journaliste.

> La Nouvelle Gazette du 28 octobre 2003 : "Assurances on-line qui ferment: c'est l'écatombe!"

Entretien avec Benoît Bertholet

"Développement fastidieux dans un pays de courtiers"

L'assurance on-line, c'est réellement moins cher ?
Pas pour tous les produits pris séparément, loin s'en faut. Disons que ça devient très intéressant lorsqu'on combine l'obligatoire RC avec d'autres produits. Bien calculé l'avantage peut aller jusqu'à 40%.

Pourquoi ça ne marche pas, alors?
Culturellement, la Belgique est un pays de courtiers, à qui le client fait confiance et délègue les intérêts de son dossier. Septante-huit pourcent des contrats sont entre leurs mains. dans ce contetxe, les assureurs traditionnels ne se lanceront pas facilement dans le "on-line", sous peine de se mettre leurs courtiers à dos. Aux Pays-bas, par contre, les courtiers sont quasi inexistants. Et l'assurance directe fait entre trente et quarante pour-cent des parts.

Ce qui devrait alors laisser de la place à des compagnies émergentes spécialisées dans le on-line non?
Les quelques-unes qui sont sur le marché actuellement sont en effet spécifiquement dans ce créneau. certaines, comme Actel, Corona ou Partners fonctionnent très bien, certes, mais d'autres ferment, une à une.

Manque de fiabilité?
En tout cas, pas suffisamment visibles ou humainement contactables, les compagnies, ne fût-ce que par téléphone. Une présence virtuelle à 100% on-line, sous un nom de surcroît inconnu du grand public, ça n'inspire pas naturellement la confiance. Les investissements en marketing ont souvent été négligés. Or à voir tous ces tarifs attractifs, l'internaute se dit qu'il doit y avoir sûrement quelque part, contrepartie en terme d'indemnités perçues. Les compagnies auraient dû lutter contre cet a priori. La Smap, par exemple, n'a pas connu ce problème car sa notoriété était déjà bien ancrée et qu'elle entretient une relation directe avec ses affiliés.

Les sites ne sont donc même pas consultés, à titre d'information?
Si. Car ils sont un formiddable outil de négociation. Les internautes y font leurs calculs pour trouver la formule la moins chère puis vont la soumettre à leur courtier qui est alors incité à lorgner sur sa propre commission...

L'avenir du secteur est bouché?
Bouché, non. Il y a une réelle attente des consommateurs en matière de services on-line. Mais je ne vois guère une prochaine arrivée massive de nouvelles compagnies qui accepteraient d'attendre quelques années, le temps de se rendre visibiles et crédibles avant de percevoir des retombées.

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